En 2024, les défaillances d’entreprises dans l’immobilier et la construction ont connu une forte augmentation. Près de 18.000 sociétés ont ouvert une procédure judiciaire, soit 26 % de plus qu’en 2023. Cette tendance touche particulièrement les agences immobilières, les promoteurs et les entreprises du bâtiment. Néanmoins, le dernier trimestre laisse entrevoir une possible stabilisation. On fait le point avec Carlos de Matos, Groupe Saint Germain.
Les agences immobilières en difficulté
Les agences immobilières ont été particulièrement touchées. En un an, les faillites ont progressé de 36 %, avec plus de 1.200 procédures recensées. Parmi elles, 850 ont conduit à une liquidation judiciaire, signe d’une situation financière trop dégradée pour envisager un redressement.
Jusqu’en 2023, les entreprises les plus fragiles étaient les jeunes agences, créées durant la période faste du marché immobilier. En 2024, la situation a évolué. Ce sont désormais des structures plus solides, employant plus de sept ou huit salariés, qui se retrouvent en difficulté. Une baisse d’activité prolongée et un marché atone ont fini par peser sur leur trésorerie.
Toutefois, une tendance inverse s’est dessinée sur les trois derniers mois de l’année. Les défaillances d’agences immobilières ont reculé de 10 % au quatrième trimestre. Un signal positif qui correspond aux retours du terrain : certains professionnels constatent une légère reprise des transactions.
Les promoteurs face à une crise majeure
Si les agences immobilières ont souffert, la situation des promoteurs est encore plus préoccupante. En 2024, les défaillances ont explosé avec une hausse de 150 % sur l’année. Au dernier trimestre, cette augmentation atteint même 266 %.
Un acteur en particulier a marqué les esprits : le promoteur Alila. Sa liquidation judiciaire a entraîné à elle seule environ 200 faillites dans le secteur. Cet effondrement a accentué les difficultés des entreprises du secteur, déjà fragilisées par un marché en berne et des conditions de financement plus strictes.
Malgré ces chiffres, certains observateurs restent prudents. L’amélioration constatée chez les agences pourrait à terme se répercuter sur la promotion immobilière, si la reprise du marché se confirme.
Le bâtiment fragilisé mais résilient
Le secteur de la construction a également été touché, bien que dans des proportions différentes selon les corps de métier. En 2024, on recense plus de 5.000 défaillances dans le gros œuvre et plus de 8.000 dans le second œuvre.
Dans le gros œuvre, les faillites ont augmenté de 3 % au dernier trimestre, une progression limitée comparée à d’autres secteurs. En revanche, le second œuvre (électricité, plomberie, menuiserie, etc.) continue d’enregistrer une hausse plus marquée, avec une progression de 12 %.
Un marché en attente de signaux favorables
Plusieurs éléments pourraient favoriser un redémarrage de l’activité. Les taux d’intérêt ont commencé à baisser et l’épargne des ménages reste élevée. Cependant, la confiance des acheteurs demeure fragile. Les annonces de plans sociaux dans divers secteurs alimentent l’inquiétude. Dans ce contexte, certains hésitent à s’engager dans un projet immobilier, par crainte de devoir changer de situation professionnelle.
Si l’immobilier reste sous tension, la fin de l’année 2024 a montré des signes d’amélioration. La tendance des prochains mois permettra de confirmer, ou non, cette stabilisation.


